Mardi 21 octobre 2008 2 21 /10 /2008 21:01
GENESIS, de Nacho Cerda, 1998

Sculter Le Sublime

17/20




    "Léché"
, "relou", "trop long", tels sont les commentaires que l'on peut parfois lire à propos de Genesis dans certains repaires geek du web. Les critiques négatives à l'encontre du troisième opus de Nacho Cerda sont certes très minoritaires, mais suffisantes pour indigner votre serviteur au plus haut point. Si dès les premières projections du film une grande majorité d'amateurs criaient immédiatement au génie tel le plus somptueux des troupeaux, quelques moutons noirs tentèrent tant bien que mal de se faire entendre. Bien qu'étant partisan de la libre pensée, je m'en vais donc, une fois n'est pas coutume, remettre ces brebis égarées sur le droit chemin. Alléluïa mes frères, Nacho esta en la casa (ou quelque chose comme ça)!

    Les quelques mauvaises réactions quand à la sortie d'un tel film résument à elles seules la difficulté pour un réalisateur estampillé du label gore de changer radicalement de registre, sans devoir subir les foudres de certains puristes égocentriques qui s'approprient un artiste comme on s'approprie un animal de compagnie.
    C'est pourtant le défi que Nacho Cerda relève, puisque quatre ans après son dégoûtant et pourtant sublime Aftermath, il met sur pieds Genesis, une bande qui achèvera de révéler son talent aux yeux du monde, notamment grâce à sa nomination aux Goyas en 1998.
    Avec un pitch aussi minimaliste que celui de son prédecesseur, celui d'un sculpteur qui assiste à la lente résurrection de la statue de sa femme décédée, Cerda délaisse totalement son penchant pour l'outrance, et se tourne vers une approche plus symbolique de l'histoire et de ce qu'il s'en dégage.


_ Salut, tu suces?
_ Non, je symbolise...


    Le film de Cerda ne porte pas tant sur la transformation de cette statue en être humain, qui n'est au fond là que pour imager le propos de l'auteur. Le véritable sujet de Genesis est ainsi une simple notion, à savoir le deuil et la difficulté d'y faire face. Un parti pris risqué, puisque contrairement à Aftermath et même à The Awakening (son premier court-métrage), Cerda ne regarde plus la faucheuse en face. Ce qui peut apparaître comme une frustration chez le spectateur avide de chair fraîche s'avère être une victoire pour le cinéaste, qui parvient enfin à laisser la mort derrière lui, au détriment de l'équilibre de ses deux personnages. Parmi eux, nous retrouvons Pep Tosar, le légiste d'Aftermath, qui interprête avec la justesse des grands un homme désemparé, anéanti par la vie.
    Comme pour ne pas nourrir le débat autour de son film qui oppose les pro et anti-symbolisme Cerdien, le metteur en scène nous livre une nouvelle fois un film totalement silencieux, préférant faire parler les images pour lui et laisser le libre-arbitre au spectateur. Un choix courageux, car Cerda prend ainsi le risque de se faire conspuer, et de voir son oeuvre qualifiée de larmoyante.

   
Or, c'est le contraire qui se produit. En effet, sans expliquer un instant l'action qu'il expose, l'auteur nous offre un spectacle magnifique et troublant, se servant uniquement de ce que lui permet son art, c'est-à-dire de plans magnifiques, d'une musique transcendente et de circonstance, et d'un immense souci du détail. Excusez du peu!
    Le film revêt donc, par son silence et son esthétisme, l'apparence d'un rêve poétique et hors du temps, ou encore, avec son imagerie particulière, celle d'une authentique tragédie grecque. Mais ce à quoi nous rattachons le film n'a finalement que peu d'importance, puisqu'à travers ce conte de mort, c'est une véritable ode à l'amour que nous offre Cerda, à ce que l'être humain sait faire de plus beau. Et pour nous autres, les allergiques aux histoires où tout va bien dans le meilleur des mondes, cet hommage ne sera que plus évocateur s'il se termine sur une touche pessimiste. Mission accomplie, donc.


_ Bon, Morpheus, tu me la donnes cette foutue pilule rouge?


    Pourtant, ce désir de placer l'amour au centre de son oeuvre est précisément ce qui peut énerver quelques spectateurs. C'est bien connu, les personnes qui qualifient l'amour au cinoche de "bobo" se moquent souvent de celles qui apparentent les geeks à des "sales pédésexuels". Mais au fond, qu'est-ce qui les différencie?
    Car au fond, avouons-le, ceux qui reprochent à Genesis de péter plus haut que son cul sont les mêmes qui appartiennent à la secte radicale du gore craspec et de ses plus belles illustrations, et qui ne supportent pas de voir l'objet de leur culte, le grand Nacho, tomber dans les mains impures des membres de la secte concurrente: celle des trous du cul du monde du cinéma. Le syndrôme Peter Jackson, quoi...
    De toutes façons, les sectes, c'est de la merde. Et des perles, il y en a dans tous les camps, qu'on se le dise! Le fait qu'un talent comme celui de Nacho Cerda soit aussi susceptible d'être reconnu dans la galaxie Mad Movies que dans la galaxie Télérama devrait plutôt réjouir ceux qui espèrent un jour voir remplacer Klapisch et Langmann par Maury et Bustillo (au hasard), et non provoquer leur dédain.
    De l'espoir, que diable, de l'espoir!


 
Si t'es paumé, y a un IndeX...

Par Xim-X - Publié dans : CritiGeeX
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Dimanche 19 octobre 2008 7 19 /10 /2008 13:03

Merci au placenta qui m'a nourri, logé, chauffé il y a déjà plus de 22 ans de cela...



XideoBlog #01 - Le Grand Anniversaire Mammouth (Partie 1/2)
envoyé par Xim-X



[EDIT]: La 2ème partie a été modifiée sur l'ordre du HACRE.
(Haute Autorité des Cons Renfermés sur Eux-mêmes)

Cette modification a entrainé une perte de résolution non-négligeable...

PAS Merci au Néfaste, qui me casse les burnes pour la dernière fois de ma vie.

 
Si t'es paumé, y a un IndeX...

Par Xim-X - Publié dans : XideoBlog
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Vendredi 17 octobre 2008 5 17 /10 /2008 22:16




Nuremberg, 15 Aout 2008

Quelques heures seulement après la première projection de
"The Clone Wars, Le Film"








Juge Yim-Y
: Affaire 1138: Les Créateurs de "The Clone Wars, Le Film" contre l'état de GeeXutoire. Dave Filoni, Henry Gilroy, Steven Melching et Scott Murphy, vous êtes accusés de haute trahison envers la mythologie Star Wars, d'incompétence ahurissante en matière de dramaturgie cinématographique, ainsi que de mépris jamais vu jusqu'à présent envers les fans de la série. Que plaidez-vous?

Silence dans la salle. Après de longues secondes, Dave Filoni se lève.

Dave Filoni: Non-coupable!


Scandale dans la salle. L'avocat de la défense, Maître Jacques Vergès est pris de panique et se lève subitement.


Maître Vergès
: Votre honneur, je demande exceptionnellement la permission de quitter la séance. Il m'est humainement impossible de défendre ces hommes un instant de plus dans de telles conditions.


Juge Yim-Y
: Et comme je vous comprends, maître. Requête accordée.


Maître Vergès sort précipitamment, soulagé, un grand sourire aux lèvres.


Juge Yim-Y
: Bien. Maître Cochrane, vous représentez la partie civile, c'est-à-dire l'AIGL, l'Association Internationale des Geeks Lucassiens. Approchez-vous, je vous prie, maître.


Maître Johnny Cochrane s'avance.


Juge Yim-Y
, à voix basse, uniquement à Cochrane: On est toujours d'accord, n'est-ce pas? Vous vous débrouillez comme vous voulez, mais je veux que vous me détruisiez ces quatre trous du cul.


Maître Cochrane
: Comptez sur moi, votre honneur.

 


Cochrane regagne sa place.




 

Maître Cochrane
: J'appelle Madame-Y à la barre en tant que témoin.

 


Madame-Y s'avance vers la barre, ses grosses larmes ont depuis longtemps fait couler son maquillage.


Juge Yim-Y
: Maman?


Madame-Y le regarde, et pleure de plus belle.


Maître Cochrane
: Madame-Y, est-il vrai que votre fils a récemment vu "The Clone Wars" au cinéma?


Madame-Y
, en reniflant: Ou... Oui...


Maître Cochrane
: Est-il vrai qu'il a payé pour voir ce film?


Madame-Y
: Oui! Oh mon Dieu! Pardonnez-moi!


Maître Cochrane
: Madame-Y. Pouvez-vous nous décrire comment se porte votre fils en ce moment?


Madame-Y regarde longuement le Juge Yim-Y.


Madame-Y
: C'est comme s'il n'avait plus aucune raison de vivre. Il continue d'excercer son travail, par pur souci de patriotisme et de conscience professionnelle, mais depuis qu'il a vu cette... chose... il ne mange plus, ne dort plus, ne sourit plus, et passe ses journées à fixer un point invisible du ciel en répétant sans cesse: "Sacrilège! Sacrilège! Sacrilège!"


Juge Yim-Y
, fixant soudain un point du plafond: Sacrilège!!!


Madame-Y
, à Cochrane: Vous voyez?


Maître Cochrane
: Ce sera tout, Madame-Y, je vous remercie.


Madame-Y pleure toujours quand elle quitte la barre. Arrivée à hauteur des accusés, elle s'arrête et se tourne promptement vers eux.


Madame-Y
: Salauds!


Elle sort en courant. Brouhaha dans la salle.


Juge Yim-Y
, donnant plusieurs coups de marteau sur son bureau: Silence ou je fais éjaculer la salle! Maître Cochrane, veuillez poursuivre, et tâchez d'être moins spectaculaire dans le choix des prochaines personnes que vous interrogerez.


Maître Cochrane
: Dans ce cas, je vais me tourner vers le banc des accusés.

 
Sur le siège, Dave Filoni, Henry Gilroy, Steven Melching et Scott Murphy tremblent de peur. Dave Filoni a depuis longtemps fait pipi dans sa culotte.




 















Maître Cochrane
: Messieurs, je ne vais même pas vous demander de venir à la barre, car comme tout le monde ici, j'aimerais voir cette affaire se terminer au plus vite.


Silence dans la salle. L'instant de vérité.


Maître Cochrane
: J'aimerais tout d'abord parler de l'animation de votre film. Vous conviendrez que si elle s'annonçait de facture assez moyenne sur l'affiche du film, elle s'avère totalement horrible une fois en mouvement.


Dave Filoni
: Objection!


Juge Yim-Y
: Filoni, vous avez tout à fait le droit d'objecter, étant donné que votre avocat a quitté la séance. Sauf que l'animation de votre film est réellement à chier. Donc objection rejetée.


Maître Cochrane
: Parlons du scénario de votre bouse. Des Jedi à la recherche du fils de Jabba. Or Jabba est un mâle. Et il est dit dans la "Trilogie Yan Solo", signée Ann Crispin, que les Hutts ne se reproduisent pas entre eux, car les mâles deviennent des femelles quand ils sont sur le point de mettre bas. Selon vous, ne s'agit-il pas là de mépris envers le fan?


Dave Filoni
: Nous le savons, et nous l'avons dit à George Lucas, mais celui-ci nous a dit: "Les fans, c'est comme les chats, c'est des connards!"


Maître Cochrane
: Ne parlons plus de fans, dans ce cas. Qu'avez-vous à dire pour justifier le fait qu'Anakin ait désormais une padawan? Le propre de la nouvelle trilogie, à part d'être râtée dans sa quasi-intégralité, n'est-il pas de décrire Anakin comme une personne tellement égoïste et imbue d'elle-même qu'elle est incapable de s'occuper de quelqu'un d'autre que soi-même?


Dave Filoni: Nous le savons, et nous l'avons dit à George Lucas, mais celui-ci nous a dit: "Ceux qui analysent les films, c'est comme les fans et les chats, c'est des connards!"


Maître Cochrane
: Ne parlons plus de George Lucas, puisqu'il a été lynché par le peuple le jour de la première du film. Je pourrais aborder le problème du hutt qui parle en basique, ainsi que celui de la scène où Padmé part à la recherche d'Anakin, alors que tous deux se sont toujours promis de faire passer la République avant leur relation. Mais je vais plutôt vous parler de ce qui a donné envie à tout geek qui se respecte de pendre à tous, à savoir l'aspect plus que racoleur de votre film.


Un tonnerre d'applaudissements aussi soudain que général retentit dans la salle. Cochrane s'approche du Juge Yim-Y.


Maître Cochrane
: Puis-je?


Juge Yim-Y
: Faîtes-donc.





Cochrane escalade le bureau du Juge, et se tourne vers les accusés.


Maître Cochrane
: Messieurs, je vous accuse d'avoir trouvé le moyen de placer deux combats au sabre-laser parfaitement dispensables et on ne peut plus mal mis en scène en seulement 1h20 de film.


La salle applaudit.


Maître Cochrane
: Je vous accuse d'avoir émaillé votre métrage d'actions improbables que George Lucas lui-même n'aurait pas osé mettre en scène dans un film Star Wars live. Je cite par exemple ce passage où Anakin et sa padawan se déplacer sous une coquille en acier au milieu de toute une armée de droïdes de combat.


La salle applaudit et siffle.


Maître Cochrane
: Je vous accuse d'avoir, sur le modèle de l'épisode I et II, exacerbé cette manie de dédramatiser les combats les plus intenses à coups de répliques absurdes et incohérentes, comme ces nombreux moments où les droïdes de combats, programmés uniquement pour tuer, semblent ici parfaitement humains et blaguent en tenant le rôle du parfait petit Jar-Jar Binks.


La salle applaudit, siffle et tape des pieds.


Maître Cochrane
: Je vous accuse également d'avoir crée le personnage d'Ashoka, la padawan d'Anakin, dans le seul but d'initier les plus jeunes à l'univers Star Wars, en dédaignant dans un même mouvement les premiers spectateurs de la franchise.


La salle applaudit, siffle, tape des pieds, et se lève.

Maître Cochrane: Je vous accuse qui plus est du pire des sacrifices, celui d'avoir supprimé le générique introductif traditionnel de la série, et ceci au profit d'une sorte de résumé très concis de la situation dans la galaxie, énoncé par une voix pompeuse, perdue entre la niaiserie caractéristique des programmes exclusivement enfantins et la plus déplacée des parodies. Inutile de le préciser, ce choix honteux ne s'explique que par la même volonté de ne pas perdre les plus jeunes en route, et de faire du film une grosse farce, qui prend la forme d'un bras d'honneur à l'encontre des spectateurs qui, parce qu'ils ont payé leur place ainsi que, pour certains d'entre eux, des DVD, des romans, des comics, des figurines, des cartes à collectionner, des affiches et autres goodies, sont tous devenus actionnaires de l'entreprise Star Wars.


La salle applaudit, siffle, tape des pieds, se lève et hurle.


Maître Cochrane
, levant les bras, puis désignant les accusés du doigt: Pour finir, je vous accuse tous d'avoir en 1h20 démonté tout ce qui avait fait la magie d'une série, certes inégale et déjà salement amochée en 1999 et 2002, mais qui portait jusqu'à aujourd'hui l'espoir de renaître un jour de ses blessures.


La salle applaudit, siffle, tape des pieds, se lève, hurle, et commence à détruire le tribunal.


Juge Yim-Y
: Inutile de laisser le jury délibérer, il faut en finir. Dave Filoni, Henry Gilroy, Steven Melching et Scott Murphy, vous êtes tous reconnus coupables des faits qui vous sont reprochés. Puisque nous sommes dans l'incapacité de porter nos attentes sur la future série télé basée sur votre film, je vous condamne à être livrée à la foule ici présente. Puisse la Force avoir pitié de votre âme... ou pas.


La police, qui jusqu'ici faisait office de cordon de sécurité entre la foule et les accusés, quitte soudain la salle, laissant l'assemblée présente se ruer sur les coupables, alors que très vite, le peuple se bouscule pour entrer dans le tribunal, en rêvant d'arracher ne serait-ce qu'une phalange à Dave Filoni.





Juge Yim-Y
, donnant plusieurs coups de marteau sur son bureau: Allez, déguerpissez-moi tous le plancher, nous sommes déjà très en retard. Affaire suivante!

 
Une fois que la salle est enfin déserte, un homme seul s'avance vers le banc des accusés.

Juge Yim-Y
: Affaire 1139. Xim-X, vous êtes accusé d'avoir spoilé la bouse pelliculée nommée "The Clone Wars, Le Film" à tous les internautes qui se sont perdus sur votre blog.

 

Si t'es paumé, y a un IndeX...

Par Xim-X - Publié dans : ArXicles
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Mardi 14 octobre 2008 2 14 /10 /2008 21:36



AFTERMATH, de Nacho Cerda, 1994



La Prose Et Le Scalpel


17/20










    En 2006 paraît chez Wild Side Films un DVD regroupant trois courts-métrages signés par un cinéaste presqu'inconnu du public, si ce n'est des chanceux à l'affût des festivals de cinoche, ou encore des sacripans adeptes du téléchargement excessif. Il aurait donc été un crime de nous faire patienter plus longtemps, tant ce Nacho Cerda s'est élevé depuis comme un des plus grands espoirs de cette décennie en matière de fantastique.
    Aftermath est à l'origine de cette reconnaissance, et nous montre un médecin-légiste pratiquant des autopsies avant d'abuser de l'un de ses cadavres. Ce film radical de trente minutes fait l'effet d'une déflagration dans l'esprit de chacun de ses spectateurs.


Là, Brigitte Bardot, elle est pas contente...


    Vous en doutez? Toi, par exemple, petit accro au cinéma gore, que dirais-tu de partager ton amour pour ce chef d'oeuvre absolu avec une personne de ton entourage, si possible néophyte de la chose, et conforme à tes attirances sexuelles? Ne pense pas pour autant à bécoter ton/ta partenaire pendant le film, petit vicelard, mais plutôt à observer silencieusement ses réactions.
    Le résultat est stupéfiant. Ton cobaye est immédiatement plongé dans un univers sanglant et outrancier, après une scène hardcore qui met en appétit, et un générique des plus immersifs qui ne manquera pas de lui faire imaginer le pire. Ton ami(e) est en effet subtilement incité(e) à se mettre à la place des cadavres, subissant une vraie descente aux enfers nécessaire pour se rendre dans cette morgue, ou tout simplement pour regarder le film. Si tu ne t'es pas encore fait(e) gifler, ne t'inquiète pas ça va venir, puisque Nacho Cerda ne se fait pas prier pour la suite. Il enchaîne les scènes gore impitoyables, les mutilations les plus extrêmes, armé d'effets spéciaux hallucinants et d'un souci du réalisme exacerbé.
    Les gros plans provocateurs se succèdent, opérant une gradation dans l'horreur à mesure que le sujet de ton experience, dégoûté, s'oblige à s'occuper l'esprit pour garder un pied ancré dans la sécurité de son confort. Oui, regarder Aftermath est une véritable épreuve, car il s'agit d'une de ces bandes ultra-éprouvantes qui change à jamais votre définition du mot "gore".


Là, Brigitte Bardot, elle s'en branle...


    Les autopsies, les bains de sang et la tripaille ne sont pourtant que des mises en bouche. Au moment où ton partenaire est en train d'affirmer, comme pour dédramatiser la situation, que ce film n'est qu'une boucherie informe, reste stoïque (bien qu'en ardent défenseur du genre, cela peut te sembler impossible), et laisse le sieur Cerda lui prouver son erreur et lui offrir un voyage extrême au pays des pulsions, du rapport à la mort, et de la solitude. Alors que la tension monte et que les allusions sexuelles sont de plus en plus explicites, Cerda fait preuve d'un rare savoir-faire en matière d'esthétisme de l'image. Ton ami(e), qui pensait avoir fait le tour de l'oeuvre, se retrouve soudain à regretter les découpages qui émaillaient la première partie du film, puisqu'il se rend compte que le rapport au sexe l'interpelle davantage que ces étalages de violence graphique. La scène du viol, magistralement orchestrée, fait ainsi franchir un nouveau cap au métrage, et pousse à son paroxysme les sentiments de révulsion du spectateur qui, à l'instar du cobaye de ton expérience, tente de se détacher inconsciemment de l'action, pour ne pas risquer de légitimer les actes du légiste. "Quel horreur!", "Quel connard!", "Ah, putaaiin!" s'écrie ton ami(e) à l'intention de l'excellent Pep Tosar pendant que tu te réjouis, en bon cinéphage, de t'être fait l'émissaire de la parole de Nacho Cerda.


_ Chéri, je veux que tu sois doux...
_ Ah, putain! Même morte, tu continues à me faire chier?



    Certains s'insurgent déjà. C'est pervers? C'est inhumain? Certes, il s'agit là d'une oeuvre à ne pas mettre entre toutes les mains (déconnez pas quand même, ne le diffusez pas en clôture de pyjama party). Mais en ces temps d'apathie cinématographique, où la comédie familiale est érigée en autorité suprême, il est important de découvrir et de faire découvrir ce qui fait la force d'un cinéma alternatif, crade et réaliste, dont l'objectif ultime, quelqu'en soient les thèmes abordés, est de retourner les tripes des petites natures et de faire bander l'amateur.
    Ne vous faîtes pourtant pas d'illusions les gars: si vous montrez Aftermath à vos copines, il se peut qu'elle ne veuillent pas vous faire un câlin dans l'immédiat, aussi étrange que cela puisse paraître. Mais au fond, qu'avez-vous fait à part reproduire sur elles le processus que Cerda a utilisé sur vous, puisque le cinéaste prend un malin plaisir à considérer son spectateur comme son propre cobaye?
    En ce qui la concerne, ma douce moitié a fini par remarquer que je prenais des notes dans son dos, et s'est sentie quelque peu trahie. Depuis je vis seul dans ma caverne, et je couche avec mes DVD. Le soir, quand je me rematte Aftermath, je me dis que même les plus horribles des histoires peuvent s'avérer magnifiques si elles sont abordées avec talent, et je me rappelle l'essence même du cinéma, quel qu'il soit. Vivre une expérience.

 
Si t'es paumé, y a un IndeX...

Par Xim-X - Publié dans : CritiGeeX
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Xim Axinn

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