Nuremberg, 15 Aout 2008
Quelques heures seulement après la première projection de
"The Clone Wars, Le Film"
Juge Yim-Y: Affaire 1138: Les Créateurs de "The Clone Wars, Le Film" contre l'état de GeeXutoire. Dave Filoni, Henry Gilroy, Steven Melching
et Scott Murphy, vous êtes accusés de haute trahison envers la mythologie Star Wars, d'incompétence ahurissante en matière de dramaturgie cinématographique, ainsi que de mépris jamais vu jusqu'à
présent envers les fans de la série. Que plaidez-vous?
Silence dans la salle. Après de longues secondes, Dave Filoni se lève.
Dave Filoni: Non-coupable!
Scandale dans la salle. L'avocat de la défense, Maître Jacques Vergès est pris de panique et se lève subitement.
Maître Vergès: Votre honneur, je demande exceptionnellement la permission de quitter la séance. Il m'est humainement impossible de défendre ces
hommes un instant de plus dans de telles conditions.
Juge Yim-Y: Et comme je vous comprends, maître. Requête accordée.
Maître Vergès sort précipitamment, soulagé, un grand sourire aux lèvres.
Juge Yim-Y: Bien. Maître Cochrane, vous représentez la partie civile, c'est-à-dire l'AIGL, l'Association Internationale des Geeks
Lucassiens. Approchez-vous, je vous prie, maître.
Maître Johnny Cochrane s'avance.
Juge Yim-Y, à voix basse, uniquement à Cochrane: On est toujours d'accord, n'est-ce pas? Vous vous débrouillez comme vous voulez, mais je
veux que vous me détruisiez ces quatre trous du cul.
Maître Cochrane: Comptez sur moi, votre honneur.
Cochrane regagne sa place.
Maître Cochrane: J'appelle Madame-Y à la barre en tant que témoin.
Madame-Y s'avance vers la barre, ses grosses larmes ont depuis longtemps fait couler son maquillage.
Juge Yim-Y: Maman?
Madame-Y le regarde, et pleure de plus belle.
Maître Cochrane: Madame-Y, est-il vrai que votre fils a récemment vu "The Clone Wars" au cinéma?
Madame-Y, en reniflant: Ou... Oui...
Maître Cochrane: Est-il vrai qu'il a payé pour voir ce film?
Madame-Y: Oui! Oh mon Dieu! Pardonnez-moi!
Maître Cochrane: Madame-Y. Pouvez-vous nous décrire comment se porte votre fils en ce moment?
Madame-Y regarde longuement le Juge Yim-Y.
Madame-Y: C'est comme s'il n'avait plus aucune raison de vivre. Il continue d'excercer son travail, par pur souci de patriotisme et de conscience
professionnelle, mais depuis qu'il a vu cette... chose... il ne mange plus, ne dort plus, ne sourit plus, et passe ses journées à fixer un point invisible du ciel en répétant sans cesse:
"Sacrilège! Sacrilège! Sacrilège!"
Juge Yim-Y, fixant soudain un point du plafond: Sacrilège!!!
Madame-Y, à Cochrane: Vous voyez?
Maître Cochrane: Ce sera tout, Madame-Y, je vous remercie.
Madame-Y pleure toujours quand elle quitte la barre. Arrivée à hauteur des accusés, elle s'arrête et se tourne promptement vers eux.
Madame-Y: Salauds!
Elle sort en courant. Brouhaha dans la salle.
Juge Yim-Y, donnant plusieurs coups de marteau sur son bureau: Silence ou je fais éjaculer la salle! Maître Cochrane, veuillez
poursuivre, et tâchez d'être moins spectaculaire dans le choix des prochaines personnes que vous interrogerez.
Maître Cochrane: Dans ce cas, je vais me tourner vers le banc des accusés.
Sur le siège, Dave Filoni, Henry Gilroy, Steven Melching et Scott Murphy tremblent de peur. Dave Filoni a depuis longtemps fait pipi dans sa culotte.
Maître Cochrane : Messieurs, je ne vais même pas vous demander de venir à la barre, car comme
tout le monde ici, j'aimerais voir cette affaire se terminer au plus vite.
Silence dans la salle. L'instant de vérité.
Maître Cochrane: J'aimerais tout d'abord parler de l'animation de votre film. Vous conviendrez que si elle s'annonçait de facture assez moyenne
sur l'affiche du film, elle s'avère totalement horrible une fois en mouvement.
Dave Filoni: Objection!
Juge Yim-Y: Filoni, vous avez tout à fait le droit d'objecter, étant donné que votre avocat a quitté la séance. Sauf que l'animation de votre
film est réellement à chier. Donc objection rejetée.
Maître Cochrane: Parlons du scénario de votre bouse. Des Jedi à la recherche du fils de Jabba. Or Jabba est un mâle. Et il est dit dans la
"Trilogie Yan Solo", signée Ann Crispin, que les Hutts ne se reproduisent pas entre eux, car les mâles deviennent des femelles quand ils sont sur le point de mettre bas. Selon vous, ne
s'agit-il pas là de mépris envers le fan?
Dave Filoni: Nous le savons, et nous l'avons dit à George Lucas, mais celui-ci nous a dit: "Les fans, c'est comme les chats, c'est des
connards!"
Maître Cochrane: Ne parlons plus de fans, dans ce cas. Qu'avez-vous à dire pour justifier le fait qu'Anakin ait désormais une padawan? Le propre
de la nouvelle trilogie, à part d'être râtée dans sa quasi-intégralité, n'est-il pas de décrire Anakin comme une personne tellement égoïste et imbue d'elle-même qu'elle est incapable de s'occuper
de quelqu'un d'autre que soi-même?
Dave Filoni: Nous le savons, et nous l'avons dit à George Lucas, mais celui-ci nous a dit: "Ceux qui
analysent les films, c'est comme les fans et les chats, c'est des connards!"
Maître Cochrane: Ne parlons plus de George Lucas, puisqu'il a été lynché par le peuple le jour de la première du film. Je pourrais aborder le
problème du hutt qui parle en basique, ainsi que celui de la scène où Padmé part à la recherche d'Anakin, alors que tous deux se sont toujours promis de faire passer la République avant leur
relation. Mais je vais plutôt vous parler de ce qui a donné envie à tout geek qui se respecte de pendre à tous, à savoir l'aspect plus que racoleur de votre film.
Un tonnerre d'applaudissements aussi soudain que général retentit dans la salle. Cochrane s'approche du Juge Yim-Y.
Maître Cochrane: Puis-je?
Juge Yim-Y: Faîtes-donc.
Cochrane escalade le bureau du Juge, et se tourne vers les accusés.
Maître Cochrane: Messieurs, je vous accuse d'avoir trouvé le moyen de placer deux combats au sabre-laser parfaitement dispensables et on ne peut
plus mal mis en scène en seulement 1h20 de film.
La salle applaudit.
Maître Cochrane: Je vous accuse d'avoir émaillé votre métrage d'actions improbables que George Lucas lui-même n'aurait pas osé mettre en scène
dans un film Star Wars live. Je cite par exemple ce passage où Anakin et sa padawan se déplacer sous une coquille en acier au milieu de toute une armée de droïdes de combat.
La salle applaudit et siffle.
Maître Cochrane: Je vous accuse d'avoir, sur le modèle de l'épisode I et II, exacerbé cette manie de dédramatiser les combats les plus intenses à coups
de répliques absurdes et incohérentes, comme ces nombreux moments où les droïdes de combats, programmés uniquement pour tuer, semblent ici parfaitement humains et blaguent en tenant le rôle du
parfait petit Jar-Jar Binks.
La salle applaudit, siffle et tape des pieds.
Maître Cochrane: Je vous accuse également d'avoir crée le personnage d'Ashoka, la padawan d'Anakin, dans le seul but d'initier les plus jeunes à
l'univers Star Wars, en dédaignant dans un même mouvement les premiers spectateurs de la franchise.
La salle applaudit, siffle, tape des pieds, et se lève.
Maître Cochrane: Je vous accuse qui plus est du pire des sacrifices,
celui d'avoir supprimé le générique introductif traditionnel de la série, et ceci au profit d'une sorte de résumé très concis de la situation dans la galaxie, énoncé par une voix pompeuse, perdue
entre la niaiserie caractéristique des programmes exclusivement enfantins et la plus déplacée des parodies. Inutile de le préciser, ce choix honteux ne s'explique que par la même volonté de ne
pas perdre les plus jeunes en route, et de faire du film une grosse farce, qui prend la forme d'un bras d'honneur à l'encontre des spectateurs qui, parce qu'ils ont payé leur place ainsi que,
pour certains d'entre eux, des DVD, des romans, des comics, des figurines, des cartes à collectionner, des affiches et autres goodies, sont tous devenus actionnaires de l'entreprise Star
Wars.
La salle applaudit, siffle, tape des pieds, se lève et hurle.
Maître Cochrane, levant les bras, puis désignant les accusés du doigt: Pour finir, je vous accuse tous d'avoir en 1h20 démonté tout ce
qui avait fait la magie d'une série, certes inégale et déjà salement amochée en 1999 et 2002, mais qui portait jusqu'à aujourd'hui l'espoir de renaître un jour de ses blessures.
La salle applaudit, siffle, tape des pieds, se lève, hurle, et commence à détruire le tribunal.
Juge Yim-Y: Inutile de laisser le jury délibérer, il faut en finir. Dave Filoni, Henry Gilroy, Steven Melching et Scott Murphy, vous êtes tous
reconnus coupables des faits qui vous sont reprochés. Puisque nous sommes dans l'incapacité de porter nos attentes sur la future série télé basée sur votre film, je vous condamne à être livrée à
la foule ici présente. Puisse la Force avoir pitié de votre âme... ou pas.
La police, qui jusqu'ici faisait office de cordon de sécurité entre la foule et les accusés, quitte soudain la salle, laissant l'assemblée présente se ruer sur les coupables, alors que très vite,
le peuple se bouscule pour entrer dans le tribunal, en rêvant d'arracher ne serait-ce qu'une phalange à Dave Filoni.
Juge Yim-Y, donnant plusieurs coups de marteau sur son bureau: Allez, déguerpissez-moi tous le plancher, nous sommes déjà très en
retard. Affaire suivante!
Une fois que la salle est enfin déserte, un homme seul s'avance vers le banc des accusés.
Juge Yim-Y: Affaire 1139. Xim-X, vous êtes accusé d'avoir spoilé la bouse pelliculée nommée "The Clone Wars, Le Film" à tous les
internautes qui se sont perdus sur votre blog.
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