"Le Con n'existe que pour rassurer ton intelligence", dit le proverbe...
L'époque actuelle se charge bien de donner raison à ce fameux adage geexuite, à
l'heure où l'espèce sus-nommée se multiplie à la manière d'une meute étrange mais unie.
"Un pour tous, tous pour un seul cerveau!" crient-ils en coeur.
Aux dernières nouvelles, ils le cherchent encore...
Les Cons n'en sont pourtant pas à leur première invasion. Rien que ces dix dernières années, ils se sont avérés particulièrement actifs, adoptant à chaque nouvelle action une nouvelle manière de
procéder (souvenons-nous du triste incident du ConBall au mois de Juillet 1998, ou encore de celui de ConBorgne en Avril 2002).
Mais en cette fin de décennie, le bilan est plutôt triste. Les Cons sont mis au pied du mur par le peu d'attention que leur portent les médias, qui ne veulent reconnaître leur statut de Con. Bien
sur, certains cons ont eu plus de chance (les fameux Upper-Cons) et se sont vu offrir une place de choix parmi les grands de ce monde. Mais la ConFrérie ne saurait être le sujet de cet
article.
Intéressons-nous plutôt à la transmutation opérée par Les Cons pour rester en vie dans notre société. Car ils ont bel et bien évolué, en suivant une tactique précise et en obéissant aux ordres du
seul et unique Grand Con. Ils sont devenus plus silencieux, plus épars, plus discrets, et paradoxalement plus nombreux.
Les Cons sont devenus des Gentils Cons.
Dès l'instant où sa carte de membre du TOCAR (Tribu Officielle des Cons
Ardemment Révolutionnaires) lui est remise, le Gentil Con se voit remettre un ConMaker, c'est-à-dire une pile que l'on fixe à l'intérieur de son crâne pour que sa bêtise reste intacte), ainsi
qu'un formulaire de personnalité, où le vénéré Grand Con aura choisi pour lui un mode de vie, une ligne de conduite à respecter pour nuire avec ses semblables à l'oppression quotidienne de leurs
adversaires, Les Un-Peu-Moins-Cons-Que-Les-Autres-Faut-Le-Reconnaître.
Si toi, cher lecteur non-assidu, tu as le bonheur de virevolter, de jouir, de t'emplir du bon air de la campagne, où les vaches chantent et les oiseaux broutent, tu ignores peut-être qu'en ville
il est tout simplement impossible d'échapper à cette invasion. Ainsi, dans une même journée, on rencontre inévitablement de nombreuses variétés de Gentils Cons. Pris un à un, ces Gentils Cons
apparaissent presque innoffensifs (quoique...), mais la somme de leurs individualités va vite s'avérer des plus dangereuses.
Les 9 leçons élémentaires pour survivre en milieu urbain:
Cas n°01: A 2 heures du matin, un Gentil Con de voisin joue du djembé en chantant (sic): "AaAAAAAaayAaaaaAAaaahAh...
AhhaA!"
Son alibi: (voix lente) "Ah 'scuz j'ai pas vu l'heure mais c'est bon on fait pas d'bruit et puis les règles faut pas qu'ce soit
carré sinon c'est plus cool paske la dernière fois y avait du sable sur ton paillasson"
A Eviter: Engager la conversation avec lui. Jamais. Non. Jamais.
Solution: Tout dépend de ta fatigue, mais si tu fais le choix de frapper à sa porte, joue impérativement le mec "cool et tout
quoi tu vois trankil tsé?"
Cas n°02: A 4 heures du matin, un Gentil Con d'alcoolique sonne a tous les interphones de ta
résidence.
Son alibi: "Beuuuaaaaahhhh!!!"
A Eviter: Répondre à l'interphone. C'est là le meilleur moyen de l'encourager à recommencer.
Solution: Tu prends un oreiller (voire deux) et tu te l'applatis sur la gueule. Attends qu'il se lasse, ou tu peux être sûr que
le concert va continuer pendant une heure supplémentaire. Reste stoïque, la journée ne fait que commencer.
Cas n°03: A 8 heures du matin, une Gentille Conne de vieille fait pisser son chien devant la porte d'entrée.
Son alibi: "C'est bien Kiki!"
A Eviter: Foutre un coup de pied au caniche.
Solution: Foutre un coup de pied au caniche quand même.
Cas n°04: A 9 heures du matin, dans les transports en commun, un Gentil Con de djeunz sort ses enceintes
et t'impose sa musique de merde plein pot, alors que tu perds 4 kilos par minute à force de te sentir à Auschwitz.
Son alibi: "Youuuuu! Owwww! Owwww! Owwww!" (Copyright Soulja Boy - Crank That)
A Eviter: Essayer de s'enfuir. Le meilleur moyen de mourir écrasé, surtout quand on est petit.
Solution: Chanter avec lui. De toute façon, les paroles sont pas bien compliquées...
Cas n°05: A 11 heures du matin, une Gentille Conne d'étudiante, alors que tu tentes de participer au cours, se plaît à mépriser tes réponses, parce qu'elle, elle veut faire
politicienne.
Son alibi: "Pfff, n'importe quoi, pfff..."
A Eviter: Se laisser faire.
Solution: Au choix, l'imiter "Pfff, n'importe quoi, pfff" dès qu'elle prend la parole, ou prévenir des rugbymen en pleine
quatrième mi-temps qu'à minuit, elle passera par cette fameuse petite impasse pour rentrer chez elle. Advienne que pourra, comme on dit.
Cas n°06: A 13 heures, à la cafétéria, un Gentil Con de nerd, que
tu rencontres par hasard pour la première fois, se met à parler avec toi du dernier film d'horreur français à l'affiche, dans le seul but de faire un monologue pour te faire comprendre qu'il l'a
trouvé à chier.
Son alibi: "Dans Martyrs, ils jouent aussi mal que dans Opération Delta Force"
A Eviter: Rentrer dans son jeu.
Solution: Le laisser s'exercer au discours d'un air désinteressé, ou tu peux être sur qu'il reviendra à la charge dès le prochain
film.
Cas n°07: A 17 heures, à l'exterieur du cinéma, un Gentil Con d'exploitant n'a pas sorti le
fameux film d'horreur précité.
Son alibi: "C'était Martyrs ou Les Bronzés 3, on a dû choisir..."
A Eviter: Aller voir Les Bronzés 3 par défaut. Jamais!
Solution: ...Euh, à part devenir soi-même producteur, là je sèche...
Cas n°08: A 18 heures, à l'intérieur du cinéma, un Gentil Con de djeunz (qui ressemble étrangement au djeunz du Cas n°4)
parle pendant le film diffusé, crie, drague, téléphone, froisse ses chips, casse les couilles.
Son alibi: "Alé laisse toi faire cokine!"
A Eviter: Dire d'une voix aigue et timide "Euh... s'il vous plaît... euh... excusez-moi... euh..."
Solution: S'assoir entre le djeunz et un haltérophile, et penché vers le tas de muscles, crier d'une voix grave: "Si tu fermes
pas ta gueule je t'éclate!"
Cas n°09: A 19 heures, alors que tu travailles sur tes projets vidéo, un Gentil Con de connard qui t'as au préalable
averti qu'il ne voulait pas apparaitre sur internet, te fait modifier tout ton travail dans le seul but de flatter son ego. Il n'avait pourtant exprimé aucune objection quand tu le filmais, bien
au contraire, et il en connaissais bien sur l'usage "online". Une fois le travail terminé et la video publiée, ce même Gentil Con vient chez toi pour te dire que "ça ne va pas, il faut
recommencer, parce que même si on le voit pas, on le voit trop".
Son alibi: "Oué, mais tu vois, voilà quoi, moi si on me reconnait, pour un travail, et puis tu vois, voilà quoi, si je veux pas
donner de mauvaise image, et puis tu vois, voilà quoi, si on me reconnaît, et puis tu vois, voilà quoi, j'ai un mauvais souvenir de moi, et puis tu vois, voilà quoi, ça date d'une époque, et puis
tu vois, voilà quoi..."
Attention, Danger: Il s'agit de la pire sous-espèce de Gentil Con. Le boss final, en quelque sorte. Car sous son apparence
gentillette, son attitude contradictoire s'avère des plus néfastes et risque de te pousser vers une extrême stagnation créative.
A Eviter: Avoir encore une fois affaire à lui.
Solution: Ne plus jamais s'entourer ne serait-ce qu'un seul instant d'un individu de la sorte, sous peine d'avoir grande
difficulté à retrouver la motivation d'être psychologiquement "actif".
Te voilà donc paré, petit geek de mon coeur, à affronter la réalité de l'invasion des Gentils Cons.
Si tu as des questions à poser, des précisions à apporter, ou des problèmes avec ce genre de personnes, n'hésite pas à les exprimer ici-même, je me ferais une joie d'y répondre et de te proposer
mon aide.
Mais n'oublie jamais que quelle que soit la raison de ton malheur, la meilleure façon d'y faire face reste encore de t'approprier les divers obstacles de ta vie, pour pouvoir t'en inspirer dans
ton combat quotidien contre la connerie humaine.
Joue, écris, filme, lis, danse, chante, dessine... mais ne baisse jamais les bras.
Aux armes, citoyens.
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