Criti-X

Dimanche 4 juillet 2010 7 04 /07 /2010 12:00

Mutants Affiche


Mutants
, de David Morley, 2009


De l'Amour, De la Sueur, Du Sang


13/20




 


          Sur le papier, Mutants est un film qui en a.
          Pour s'appliquer à réaliser un film de zombies en France en 2009, il faut forcément en avoir. Et c'est David Morley qui s'y colle, après le sympathique "Morsure" un court-métrage faisant office de bande démo sur le sujet.
          Depuis l'inoubliable et hilarant Lac Des Morts-Vivants de Jean Rollin en 1981, les réalisateurs français ayant eu le culot de tenter l'expérience se comptent sur les doigts d'une seule main. Les distributeurs, par tradition frileux à un genre provocateur souvent qualifié de "sous-cinéma", ne laissent que trop rarement aux auteurs l'occasion de se tourner vers de nouveaux horizons.

          Il était donc salutaire, pour tous les défenseurs du gore qui tâche et de l'horreur sans concession, de vérifier si Mutants, pourtant oeuvre de commande pour la case ciné de genre de Canal +, tenait toutes ses promesses après le petit buzz engendré dans la presse spécialisée ainsi que sur le net.
          Alors qu'un virus a décimé la population, un couple, Marco et Sonia, sont en fuite à la recherche de la base NOE, seul espoir possible vers un havre de paix. Jusqu'au jour où Marco est à son tour contaminé...

          Première surprise, le film de Morley démarre sur les chapeaux de roue. Au coeur d'un paysage montagnard dévasté, l'humanité lutte à chaque instant pour sa survie. L'image est froide, l'ambiance est opressante, la tension est constante, et le gore est bel et bien présent!
          Une introduction qui donne immédiatement le ton: Mutants prétend s'inscrire dans la nouvelle vague horrifique française initiée par Haute Tension (2003), et perpétuée par des bandes aussi folles qu'A L'Intérieur ou Frontière(s), pour ne citer qu'elles.

 

Mutants Chaud

Effectivement, faire un film de zombies en France, c'est chaud bouillant...


  

          La quasi-totalité du film se passe en hiver, dans un espace clos, en l'occurence un hopital désaffecté. On pense à The Thing, bien sur, mais à la différence du film de Carpenter qui utilisait la base polaire pour souligner l'isolement de ses personnages, pour Mutants ce choix semble avant tout été motivé par un cruel manque de moyens.
          Mais cette défaillance n'a au final que peu d'importance, puisqu'elle rajoute au contraire au caractère claustrophobe du film. Montrer une énième apocalypse zombie n'est en aucun cas le propos de Mutants, celle-ci permet d'assurer une toile de fond au couple voué à la destruction que forment Marco et Sonia.

          Car c'est bien là le thème central du film: ces deux personnages qui veulent s'aimer malgré une issue inévitable réussissent à vraiment nous atteindre, et engendreront indéniablement les scènes les plus puissantes du film. C'est tout d'abord l'effort de deux comédiens: Hélène de Fougerolles, excellente et pourtant en contre-emploi total, et Francis Renaud, qui nous garantit une transformation aussi forte sur le plan émotionnel que celle de... de... de Jeff Goldblum dans La Mouche, tiens!

          Oui, David Morley est influencé. Fortement. Par Cronenberg, c'est sur, mais aussi indéniablement par 28 Jours Plus Tard, avec une mise en scène parfois aussi nerveuse que les zombies qu'elle sert. Ce qui est parfois une bonne idée (notamment en début de film) s'avère parfois une faiblesse, un artifice servant à masquer le manque évident de moyens (la scène de la bibliothèque en étant le parfait exemple).

          Pourtant, ces influences ne sauraient cacher le réel talent de Morley, aux commandes d'une oeuvre réellement atypique, qui parvient à s'exprimer totalement pendant la demi-heure où Marco et Sonia se font face en un parfait mélange d'amour et de pulsion bestiale. Celui-ci atteint son paroxysme dans des gros plans bouleversants, où le déchirement du personnage de Francis Renaud est plus que palpable.

          Néanmoins, en moitié de film, Mutants prend un tournant discutable, puisque la belle équation composée par ses deux acteurs principaux est brisée par l'arrivée de personnages secondaires, ayant vite l'ascendent psychologique sur les protagonistes, comme c'est souvent le cas dans le genre zombiesque. Ce qui aurait pu s'avérer être un rebondissement jouissif s'avère finalement être un mauvais choix tactique: la première moitié du film déborde tellement de justesse que celle-ci pêche immédiatement par ses mauvais acteurs (Dida Diafat a beau être un bon boxeur, dans un film c'est pas encore ça...), et ses artifices malvenus. Car si la suite implique d'insuffler davantage d'action au script, force est de constater que le budget est loin de suivre, que l'inadéquation de certains décors est parfois apparente, et que le manque de figurants se fait cruellement sentir.

 

Mutants PSG

  "PSG, enculay !!!"

 

 

          Pendant que Morley se démène à donner de la substance à ses nouveaux personnages, on ne peut s'empecher de regretter que ce lien unissant Marco et Sonia par delà la mort n'aie pas été plus exploité à l'écran. On se dit même, après coup, que cette histoire d'amour aurait pu se suffire à elle-même, sans avoir à comporter de la chair à zombie inutile au métrage. Mais enlever les scènes de cannibalisme d'un film de zombies de commande, c'est un peu comme retirer les explosions d'un film d'action pur jus. Ce qui se dit à côté peut être interessant, mais sans le minimum vital, personne ne veut en entendre parler...

          Tout au long du film, et même pendant ces séquences où, comme on dit, le bât blesse, David Morley s'éclate. Tout en restant dans un contexte scénaristique où l'humour n'a pas sa place, le metteur en scène se plait à en rajouter dans le domaine du gore, histoire de faire plaisir à son public. Morley est conscient de ses faiblesses, assume pleinement les problèmes techniques du film, et laisse transparaître sa sincérité dans une mise en scène humble et hautement référentielle.
          Malgré cette histoire d'amour centrale, nous sommes ici dans le domaine du divertissement pur, à mille lieux du symbolisme de Fabrice Du Welz ou du pessimisme de Pascal Laugier. Le cinéma de genre francophone renaissant se targue ainsi de proposer différentes approches (et c'est tout à son honneur), David Morley se chargeant donc de son côté de mettre l'accent sur une love story en pleine fin du monde à la fois cheap et assumée. Et de ce côté-là, l'exercice est plus que réussi, malgré le flop dont fut victime le film à sa sortie.

          C'est tout le problème de ce genre de bandes. Sorti finalement en catimini scandanleux, Mutants n'a eu pour seul écho que le public habituel et assidu du fantastique. Retirons à ce total une bonne partie de spectateurs persuadés que l'horreur en France n'a tout bonnement aucun avenir (à en croire certains médias, seule la pitoyable série des Saw peut ravir les adeptes du rouge excessif), et nous nous retrouvons avec la recette parfaite de comment torpiller une sortie salles en France. Well done!

 

Mutants Jesus

  "Always look on the bright side of life..."


 

          Mutants, bien qu'étant un film quelque peu inégal, peut se targuer d'officier dans un genre que peu de personnes peuvent se vanter d'oser produire en France. Mais c'est loin d'être son seul mérite, puisqu'il agit comme une petite claque pour tous les amateurs de tripaille et de sensations fortes au cinéma, notamment grâce à son final, qui renoue habilement avec l'émotion procurée par les scènes de mutation de Francis Renaud.
          Totalement décomplexé, doté d'une thématique ambitieuse et d'un fort capital sympathie, le film est une goutte d'espoir supplémentaire pour tous ceux qui espèrent voir une porte s'ouvrir dans les sacro-saintes sphères du cinéma français, vers un espace dédié où de jeunes réalisateurs avides de partager leurs émotions autrement pourraient s'exprimer plus librement.
          Certes il s'agit d'un premier film, avec tous les défauts qui vont avec, notamment sa tendance à citer à tour de bras (28 Jours Plus Tard et sa suite, La Mouche, The Thing, Alien...), ce qui fera d'ailleurs dire aux détracteurs du film que les Français ne savent pas faire aussi bien que les Américains dans le domaine.
          Mais que l'on ne s'y trompe pas, c'est d'abord en s'appuyant sur ses ainés pour parvenir à proposer quelque chose d'inédit que l'on parvient à faire son nid. Les auteurs existent en France, et ont des choses à proposer. Tout repose donc sur les épaules des distributeurs français: il ne tient qu'à eux d'accepter qu'il puisse y avoir un public pour notre genre de conneries prépubères... 


Par Xim Axinn - Publié dans : Criti-X
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Mardi 9 décembre 2008 2 09 /12 /2008 01:00





2001 Maniacs
, de Tim Sullivan, 2005


Un Sudiste en plus, Un cerveau en moins


06/20









         
Depuis plus de dix ans que le cinéma d'horreur s'est offert une belle renaissance commerciale (que nous espérons définitive), Hollywood s'amuse à déterrer l'une après l'autre toutes les franchises du genre, dans l'espoir de les remettre au goût du jour. Fouiller dans les archives du gore est du pain bénu pour les studios, qui réalisent bien vite que ce ne sont pas les films qui manquent, et que chacune de ces bandes a su conserver sa communauté de fans pendant plusieurs décennies. Ajoutez à celà le fait qu'en reprenant un film déjà existant les producteurs évitent de prendre le risque d'un scénario original, et vous obtiendrez la parfaite stratégie pour s'assurer un certain succès au box-office, puisqu'il s'agit comme toujours de caresser en même temps les purs novices et les fans old school dans le sens du poil.

          Parmi tous les réalisateurs du genre susceptibles de voir leurs oeuvres jetées dans l'engrenage, Hershell Gordon Lewis est définitivement celui qui ne pouvait pas échapper au phénomène du remake. En 2002, l'homme considéré comme l'inventeur du cinéma gore est de nouveau sur le circuit de l'horreur grâce à Blood Feast 2. Alors que ce film est perçu comme un retour aux sources, certes bancal, mais toutefois honnête, il parait évident que Two Thousand Maniacs, second véritable succès du cinéaste, va lui aussi bénéficier un jour où l'autre d'un lifting pelliculé.
          C'est rapidement chose faite avec le novice Tim Sullivan, qui souhaite nommer son long-métrage 2001 Maniacs par rapport à l'année à laquelle il prévoyait de le sortir. Faute de moyens, le film restera pourtant dans les tiroirs des projets avortés, jusqu'à ce qu'en 2003 Eli Roth, fort du succès de Cabin Fever, ne participe à la moitié du financement du film. Au premier abord, il peut sembler logique que Roth se pense sur un tel projet, tant son film et 2001 Maniacs semblent avoir en commun une approche à mi-chemin entre la parodie et le thriller horrifique tout ce qu'il y a de plus sérieux. Mais si Cabin Fever se plaisait à laisser la frontière entre les deux univers ouvertes, jusqu'à ce que ceux-ci s'entremêlent pour laisser une liberté totale au ressenti du spectateur, le film de Sullivan apparait plutôt comme un parfait petit manuel de ce qu'il ne faut pas faire, dans un registre plus difficile à maîtriser qu'il n'y paraît.  



Remake oblige, les Daft Punk débarquent...


          Le pitch de 2001 Maniacs est à peu de choses près le même que son vieux modèle. Trois étudiants fuient leurs obligations universitaires pour se rendre en Floride où l'on boit du lait de coco mais aussi du lait de kiki. Après avoir pris une déviation, ils atterissent dans la mystérieuse bourgade de Pleasant Valley qui célèbre en ce moment-même son anniversaire. Buckman, le maire interprété par Robert "Les Griffes De La Nuit" Englund, les accueuille et les invite à rester.
          Film moderne oblige, Tim Sullivan se sent forcé d'injecter un zeste d'histoire à son remake, là où Lewis avait choisi de se concentrer uniquement sur le coeur de son concept. Cette mise en place qui aurait pu créer un semblant de suspense ou permettre une montée progressive en adrénaline, ne sert au final qu'à nous donner un parfait avant-goût des faiblesses du métrage, en plus de nous apprendre que les petites merdes à belles gueules que nous suivons sont portés sur la bouteille. Alors qu'on apprécie l'originalité du concept d'étudiants sans cervelle, plus de 10 minutes se sont écoulées...

          Unanimement applaudi à sa sortie par une critique qui répétait que Two Thousand Maniacs ne cessait de prendre de l'âge, ce que l'on ne peut décemment pas nier, le film de Sullivan pose involontairement la question suivante: est-ce que reprendre un film considéré comme dépassé est-il moins risqué que mettre sur pied une nouvelle version d'un chef d'oeuvre encore dans les coeurs de tous les fans? La réponse est bien évidemment positive, et c'est peut-être la seule raison qui pourrait expliquer un tel engouement pour ce qui apparait comme une bande ridiculement plate, à tous les niveaux...

          Le film suit scrupuleusement la structure narrative de son modèle, remettant ainsi en cause son utilité même, à tel point que le plus grand mérite de 2001 Maniacs est de mettre en avant le fleuron du genre auquel il est directement rattaché. Sullivan commet de plus une grossière erreur d'interprétation du film de Lewis, puisque là où certains ont su voir en Two Thousand Maniacs une oeuvre inventive réunissant de manière alors inédite un si grand nombre de psychopathes, ainsi qu'un festival de trouvailles carrément avant-gardistes, Tim Sullivan n'y voit que du fun, du fun, et seulement du fun.

 

_ Chanoukaaa !!!


          Pourtant de mise dans le film original, ici le dépaysement n'opère donc pas une seule seconde. Jusqu'à ce que les massacres ne commencent, les tableaux s'enchainent et nous entrainent dans un univers qui, en plus d'être ennuyeux au moment où il est supposé être accueillant, tombe dans l'énumération facile de clichés infects. Au service de cette overdose de petzouilles émerge un montage catastrophique qui fait sans cesse retomber le peu de tension que comporte le film, enchaine l'action et les instants plus "romantiques" avec la pire des maladresses (voir l'introduction du personnage d'Hucklebilly, entremêlée avec celle d'Harper), et désosse certaines scènes importantes comme les habitants le font avec leurs victimes, avec une volonté naïve d'aller à l'essentiel aux moments où le spectateur réclame du contenu.
          Et quand Sullivan souhaite nous arracher un sourire au moment les habitants de Pleasant Valley dévoilent l'un après l'autre leur vrai visage en s'employant à leurs activités psychotiques, le mal est déjà fait puisque le réalisateur s'est largement employé jusque là à les rendre tous insupportables à nos yeux... 2001 Maniacs perd totalement le spectateur en faisant se succéder tout au long du film deux formes de crétinerie assumée, celle des villageois avec celle des adolescents. Est-il nécessaire de dire que parmi ces derniers, aucun n'a le charisme de William Kerwin et Connie Mason, le duo de tête de Two Thousand Maniacs?  



Y avait d'la pouf' en 1850...


          Sullivan, ayant visiblement beaucoup de mal a saisir la nuance entre le drôle et le débile, semble pourtant persuadé que le public le suit aveuglément dans ses délires puants de machisme, alors que le spectateur le moins exigent se force à passer outre son humour désastreux pour ne conserver que le fun de la tripaille.
          Si dans Hostel, par exemple, l'instauration pendant toute une partie du film d'une atmosphère digne d'un American Pie trouvait parfaitement sa place puisqu'elle était opposée au monde de la cruauté sans bornes, dans 2001 Maniacs toutes les blagues lourdingues sont étalées au premier degré sans le moindre recul de la part de l'auteur, celui-ci estimant sans doute que présenter des malades mentaux tous aussi bêtes que méchants sur fond de musique country était suffisamment ironique pour monter une comédie d'horreur. Sur ça, on ne peut décemment pas contredire Sullivan, puisque c'est exactement ce que H.G.Lewis avait fait sur le film d'origine...
          En plus de ce manque flagrant d'originalité, force est de constater que ces mêmes boutades citées plus haut ne nourrissent à aucun moment l'intrigue du film, et pire encore sont supposées nous faire apparaitre les étudiants protagonistes comme une joyeuse bande d'adolescents moyens, certes totalement abrutis, mais appréciables au demeurant.
          Et à tout le monde d'applaudir cette utilisation bourrine des nouveaux standards de personnages djeunz et attachants, véritables obsédés sexuels qui ne "se prennent pas la teu-té" et qu'un geek ne cotoierait pour rien au monde, mais qui lui paraissent comme par magie plus interessants dès lorsqu'ils sont rattachés au rouge qui tâche. Rassure-toi, cher petit puceau fêtard, comme 2001 Maniacs te l'apprend, tu peux tout à fait de détacher de la norme tout en restant un beauf convaincu. Merci qui?

 

_ Et pour élire Miss Petzouille 2009: Mme De Fontenay!


          Parvenir à un constat si affligeant ne saurait pourtant résumer l'intégralité d'un film qui a malgré tout le mérite d'adopter une approche passionnée du genre, voire souvent référencée. Ainsi, en plus de la présence de Robert Englund, Eli Roth reprend en début de métrage son personnage de Justin, vu dans Cabin Fever; Scott Spiegel, co-producteur et réalisateur de deuxième équipe sur ce film mais surtout co-scénariste de Evil Dead 2, joue l'un des deux musiciens ambulants (les personages les plus sympathiques du film); et Kane "Jason" Hodder, dans un rôle presque muet, apparait seulement dans le but de faire sourire les fans hardcore. Tous ces sympathiques clins d'oeil ne compensent en aucun cas les multiples erreurs du film, mais contribuent à créer une ambiance nostalgique, presque communautaire, où les Maniacs seraient une représentation extrême des goreux du monde entier, incompris et fustigés car adeptes des charcutages cinématographiques les plus improbables.
          Tout comme dans le film original, les habitants de Pleasant Valley émergent comme les véritables protagonistes du film, le maire Buckman en tête. Le cas Robert Englund est d'ailleurs à part dans le film, car le psychopathe aux mimiques familières pour le fan de gore est celui vous permettra de rendre un jugement définitif sur le film. Si vous avez été séduit par l'ambiance "ils sont cons ces rednecks" de 2001 Maniacs, la prestation toute en exagération assumée d'Englund vous paraîtra la chose à retenir du film. Si au contraire vous jugez que le film de Sullivan est la preuve absolue qu'un rassemblement de personnages décérébrés peut très vite créer une atmosphère décérébrante, le vieux Robert vous fera de la peine chaque fois qu'il prendra la parôle, tant l'acteur se force à tirer comme un aliéné sur la corde de sa propre caricature, tout en étant peu à l'aise avec ses grimaces perpétuelles. "Un jour j'ai fait confiance à un pet, je me suis retrouvé couvert de merde". Tu vaux mieux que ça, Rob.
          Le lot ahurrissant de répliques similaires à cette dernière, et destinées à être récitées en soirée mondaine pour que le film ait plus de chances de voir son cercle d'admirateurs s'agrandir, atteint un tel degré de m'as-tu-vu pathétique qu'il devient vite compliqué de se laisser entrainer un pas de plus dans le village. On se dit alors que même si "Pleasant Valley, c'était mieux aaavant", le problème de ces dialogues superficiels peut très vite être surmonté si l'on sait se montrer indulgent. Mais c'était sans compter sur une musique insupportable, lunatique, et indigne de la bande son de son grand frère. Si 2001 Maniacs a au moins la présence d'esprit de reprendre le thème principal du premier film ("The South is gonna rise again", hymne festif toujours aussi entrainant magré les années et signé par H.G.Lewis lui-même), Nathan Barr, qui prouvera son talent sur le diptyque Hostel, signe pour ce film un score immonde et déconcertant, digne du plus mauvais des cartoons tant il caricature la moindre petite scène pourtant exempte d'humour, à tel point que le spectateur appelle vite de ses voeux le dénouement de l'histoire quitte à passer à côté de séquences, avouons-le, plus drôles en fin de métrage.

 

_ Si tu ne viens pas à Freddy, Freddy ira à toi!


          Que reste-t-il alors à 2001 Maniacs? Juste le minimum syndical dont vous êtes venus vous repaître, bande de petits coquinous... Sullivan voit son film comme un simple divertissement et entend bien le vendre en temps que tel. Il multiplie donc les effets gore, parfois excellents, et fait ressortir ces derniers comme la seule et unique chose à sauver de sa série B insipide. Les quelques festivités meurtrières auxquelles Two Thousand Maniacs nous avait habitués apparaissent ici plus nombreuses que sur le matériau de base et parfois mises en scène d'une façon plus habile, ce qui ne surprend guère si l'on tient compte de l'évolution des techniques de cinéma depuis 1964, ainsi que de la maigreur du budget du métrage original. C'est uniquement dans cette accumulation de scènes sanguinolantes que Sullivan réussit à laisser libre court à ses idées cinématographiques, comme s'il avait conscience de livrer un film bien plus prétexte aux pires atrocités que certaines bandes du genre. 2001 Maniacs tente donc minute après minute de compenser un script squelettique et des dialogues impressionnants de niaiserie par du gore abondant, pas crédible pour un sou, mais jouissif par moments. Quitte à n'aimer que le gore dans un tel film, on aurait presque préferé que Sullivan abandonne son histoire au profit d'un vrai "gonzo-gore", soit une suite abrutie de meurtres rigolos. C'est à croire que Peter Jackson est définitivement mort...

 

_ Pou-Pou-Piidou...


          Au final, 2001 Maniacs, c'est un peu comme le drapeau du Japon: une jolie île rouge sur une grande mare de vide.
          A l'heure ou certains réalisateurs passent trop vite pour des artistes prétentieux, on aurait paradoxalement souhaité que Tim Sullivan nourrisse plus d'ambitions que celle de nous arracher un ou deux sourires. Seul le dernier quart d'heure du film obtient une identité propre, sans être transcendantal, et a au moins la volonté de faire en sorte que le scénario s'écarte de sa route toute tracée, ne serait-ce que de quelques pas. A quelques minutes du mot fin, il serait temps...
          Pourtant, le spectateur qui ne souhaite pas s'acharner sur un tel film pourra apprécier le désir de Tim Sullivan de mettre sur pied une fresque maladroite mais sincère du quotidien des Maniacs, en multipliant les tranches de vie réductrices et trop vite oubliées, mais néanmoins exaustives.
          Cependant les faits sont là: en étant situé dans le camp adverse d'un Shaun Of The Dead, qui bien qu'assumant sa stupidité, revendiquait un humour autrement plus subtil sans jamais céder à la facilité, 2001 Maniacs apparaît dans son ensemble comme l'un des plus notoires porte-étendards de l'horreur crétine de cette décennie.
          Et une fois n'est pas coutume, ce n'est pas un compliment.

Si t'es paumé, y a un IndeX...

Par Xim-X - Publié dans : Criti-X
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Mardi 2 décembre 2008 2 02 /12 /2008 01:00

 

 

 

 

 

SAW II, de Darren Lynn Bousman, 2005


On est de fous, Plus on scie


12/20







            Après le succès commercial de Saw, devenu l'un des films d'horreur les plus rentables de l'histoire du cinéma (1,2 million de dollars de budget pour 55 millions de recettes), il était évident de voir débouler la suite des aventures de Jigsaw, ce tueur machiavélique qui n'a jamais assassiné personne de ses propres mains. Les producteurs ne se seront pas fait attendre (moins d'une année sépare les deux opus) et annoncent dès la préproduction du film leur intention de faire preuve de la même brutalité visuelle que sur le précédent volet, mais en plus rouge...

          James Wan, trop occupé par le tournage de Dead Silence, n'est plus de la partie (il ne conserve qu'un rôle de producteur exécutif), et laisse la place vacante à un enfant du clip et de la pub, Darren Lynn Bousman, dont c'est le premier véritable effort. Ce dernier, frustré jusqu'alors de ne pouvoir mettre sur pied son script nommé The Desperate et écrit il y a déjà un certain temps, profite alors de l'opportunité pour confier ce même scénario à Leigh Whannell, celui qui fut à la fois auteur et acteur dans le premier opus, pour qu'il l'adapte à la sauce Saw. De cette union nait un pitch efficace, dans la continuité de son prédecesseur sans pour autant le calquer.

          L'histoire tourne autour d'Eric Matthews, un flic seul et désabusé à deux doigts d'arrêter le fameux tueur au puzzle. Alors qu'il réalise que Jigsaw l'a délibérément mené jusqu'à lui, il découvre que son fils est en ce moment même au centre d'un des pièges du psychopathe, au même titre que sept autres personnes.

 

Beverley Mitchell malmenée: le fantasme des ennemis de "Sept à la Maison"!

 

          On a pu dire beaucoup de bonnes choses sur Saw, et bien plus de mauvaises sur ses suites. Mais quelque soit notre avis sur la question, on ne peut nier la volonté des créateurs (en tout cas jusqu'à l'épisode III), d'essayer de nouvelles choses en matière d'intrigue, quitte à modifier la structure du film précédent, quand bien même celle-ci aurait prouvé son efficacité. Au bout du compte, peu de suites de genre peuvent se targuer d'une telle prise de risque.

          Certes, avec le personnage de Jigsaw, Whannell et Wan, co-auteurs du pitch original, ont trouvé la formule parfaite qui peut garantir à leurs créanciers de monter un grand nombre de séquelles sans jamais voir l'intérêt du spectateur s'estomper (les paris sont pris sur les futures recettes de Saw V et VI). L'ogre Hollywood a bien compris le potentiel ravageur des casse-têtes du premier volet, et décide d'étirer cette idée encore plus fort que l'année précédente, en cherchant la manière la plus sordide d'éliminer les différents protagonistes engagés comme chair à canon (un peu comme un banal chapitre de Vendredi 13). Sur cet aspect là, Saw II perd donc en identité, et l'on craint à certains moments de voir le film devenir un simple numéro au sein d'une franchise horrifique parmi tant d'autres.

          Mais Bousman nous rassure très vite, ne serait-ce que sur la forme, puisque les fans du genre ne peuvent qu'apprécier l'inventivité dont font preuve les scénaristes en matière de ces fameux puzzles. Le film ne fait pas l'erreur d'en faire succéder un trop grand nombre au détriment de l'histoire (à l'inverse de l'opus suivant), alors que certains de ces "jeux", comme Jigsaw les appelle, viennent s'imprimer sur la rétine du spectateur pendant un long moment, notamment cette cuve remplie de seringues à l'héroïne dans laquelle il faut plonger pour récupérer une clé. Ca pique...  

 

Moi, les gens séquestrés, ça m'Exit...

 

          Néanmoins, le scénario prend parfois son ainé à contrepied, en remettant sans cesse en question l'infaillibilité de Jigsaw, à tel point que le spectateur a constamment l'impression que le meurtrier joue ici son acte final. L'effet est prenant, puisque Saw II a au moins le mérite de ne laisser aucune indication quant à l'issue du massacre, à la différence de la plupart des slashers et autres films à suites.

          Bousman sait parfaitement que son oeuvre, en temps que séquelle de succès au box-office, sera attendue au tournant par les fans et la critique. La totalité du film transpire son obsession de s'approprier les atouts du premier Saw, en faisant son possible pour imposer sa propre marque de fabrique. Le défi est plutôt difficile tant l'univers visuel crée par James Wan a en un seul film acquéri toute une série de règles fondamentales auxquelles il est impossible de se soustraire.

          Bousman se débrouille alors avec ce qu'il peut, reprend à son compte la mise en scène de Wan, sans jamais égaler la nervosité de l'Australien (il n' y a qu'à comparer, dans les deux films, les deux entrées de la police dans l'entrepôt de Jigsaw pour s'en rendre compte). Le réalisateur tente de s'affirmer par-ci par-là, comme dans les transitions entre les scènes, ou dans quelques inserts judicieux. Mais de manière générale, force est de constater qu'il se cantonne souvent à la facilité, préférant par exemple les champs/contre-champs statiques aux trouvailles filmiques de son prédecesseur.

 

          C'est donc sans surprise que nous retrouvons avec Saw II la même sorte de huit-clos angoissant que pour le premier volume, là encore essentiellement tournés en intérieur. Le spectateur est, comme dans le métrage de Wan, plongé dans un univers glauque et opressant, et ne pourra en ressortir qu'à la fin du film.

          Mais ce n'est pas pour autant que Saw II doit être considéré comme une vulgaire copie-conforme de son modèle. Au contraire, Bousman et Whannell parviennent à entrainer leur intrigue vers d'autres cimes que celles de l'indéniable hommage à Seven de son prédécesseur. Le duo, malgré tout difficilement capable de s'émanciper de ses influences, se permet un nouveau lot de références, avec plus ou moins de subtilité.

          Ainsi, on appréciera par exemple la manière dont les captifs découvre les secrets de leur grande cage, pièce après pièce, à la manière d'un Rose Red ou de bien d'autres films de maisons hantées. Mais Saw II possède aussi un grand nombre de similitudes avec Cube de Vincenzo Natali, puisque les prisonniers ont chacun une personnalité différente, découvrent vite qu'ils ont la possibilité de s'entraider pour échapper à leur sort, mais laissent rapidement leur individualisme prendre le dessus, parfois même de façon simpliste (voir le personnage de Xavier, caricature extrême du bourrin de service). Un copié/collé tout de même assez divertissant, mais que l'on aurait souhaité moins évident.

 

"Merde à celui qui lira". Comme quoi, la formule reste la même!

 

          La grande nouveauté de cet épisode est l'approche détaillée de la personnalité de Jigsaw. Depuis le dénouement incroyable de Saw premier du nom, nous connaissons l'identité du tueur au puzzle, ce qui nous permet ici un voyage interessant à l'intérieur de son âme torturée et nihiliste.

          La déception est malheureusement au rendez-vous, puisque le fameux John Kramer se révèle un tantinet plus moralisateur qu'on aurait pu le penser. Certes, Tobin Bell livre une interprétation qui vaut à elle seule son pesant d'or, avec ses regards perçants et son calme à toute épreuve. Mais on regrettera que l'ombre à capuche découverte moins d'un an auparavant ne soit en fait qu'un adepte de la rédemption chrétienne, un fidèle exécuteur d'un jugement divin pourtant implicite mais bel et bien présent.

          Un petit bémol qui peut aisément être surmonté, même s'il annonce la tendance vers laquelle se dirigeront les opus suivants, purs concentrés de morale putassière. Mais n'allons pas trop vite en besogne...

 

          Autre référence incontestable de ce deuxième Saw: Le Silence Des Agneaux de Jonathan Demme. L'attitude impassible et calculatrice de Tobin Bell renvoie forcément à celle d'un Hannibal Lecter, qui, tout comme Jigsaw avec l'inspecteur Matthews, négociait avec Clarence Starling pour avoir l'opportunité de titiller sa résistance mentale.

          Même si on pourra reprocher encore une fois à Bousman sa tendance à emprunter à ses aînés (Tobin Bell n'a tout de même pas le charisme d'un Anthony Hopkins), il faut reconnaître que ce genre de confrontations psychologiques n'a rien perdu de son efficacité. Dans le cas de Saw II, ce procédé permet notamment aux scénaristes de rester perpétuellement en équilibre sur la limite à ne pas franchir, celle qui signifiera que Jigsaw a commis une erreur fatale. Un faux pas attendu fébrilement par le spectateur qui, à ce stade de l'histoire, se demande naïvement comment le Cancer Killer parvient toujours à avoir une longueur d'avance sur ses poursuivants...

 

Scoop: le vrai visage des Nazguls!

 

          Ce qui nous permet d'embrayer sur le final, qui a totalement divisé les foules à la sortie du film. Un dénouement impressionnant, qui comporte toujours le désormais trop célèbre montage-récapitulatif, ainsi que son lot de surprises de taille. Comme avec les twists du monde entier, certains ont crié au génie, d'autres au pur nawak...

          Toujours est-il qu'il faut reconnaître à Leigh Whannell et à Darren Lynn Bousman leur envie de pousser toujours plus loin la complexité de l'intrigue de la série, quitte à perdre en route une partie de leurs spectateurs.

 

          Saw II est donc loin d'être une suite banale, et s'avère un très bel effort pour une oeuvre de commande, bien plus dense qu'un simple étalage d'atrocités tel que toute une presse de réacs cacas a voulu nous le présenter ("un Loft Story répugnant", cf. Nouvel Obs). Même si les producteurs seront dans l'avenir condamnés à nous resservir perpétuellement la même soupe, l'indigestion n'est pas encore au rendez-vous. Pour l'instant, il s'agit de déguster Saw II comme une séquelle inventive, dénuée de temps morts, et qui a de plus le mérite d'assumer pleinement son univers crade et, disons-le, unique.

 

Si t'es paumé, y a un IndeX...
Par Xim-X - Publié dans : Criti-X
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Mardi 25 novembre 2008 2 25 /11 /2008 01:00

   

 

 

 


BURGER KILL, de Shane Kuhn et Brendan Cowles, 2004


Caca Meal


02/20







          Tout aurait pu être bien sympathique. Pas transcendental, mais sympathique. Un petit slasher indépendant, un psychopathe au masque fun, une goutte de joyeuse subversion, le tout servi dans la collection DVD mensuelle de Mad Movies: pourquoi dire non?

          Pourtant, comme le dit parfois une sage et honnête travailleuse du Bois de Boulogne: "Parfois, il vaut mieux savoir refuser" (prononcez "refuséaouche" avec l'accent brésilien).

 

          Ca démarre pauvrement, avec de fausses racailles qui, en plus de mal jouer, sont affublés de dialogues aussi creux que leurs casquettes. Les djeunz dans le vent vont très vite être les cibles du traditionnel zigouillage introductif, étape incontournable du slasher qui ne veut prétendre à aucune originalité.

          Pendant le générique, on se prend alors à espérer que la dégaine de ces loubards du dimanche annonce une série B parodique qui, sans atteindre le génie d'un Edgar Wright, saura nous faire passer un moment relativement fun, ne serait-ce que pour les moins exigents d'entre nous.

          Mais la scène qui suit nous ramène à la triste réalité, puisque nous découvrons un teen-movie infect, fait d'héritages des Souviens-Toi L'Eté Dernier ou des plus moches produits signés David De Coteau.

 

 

A) Il a peur mais il joue mal

B) Il a faim mais il joue mal

C) Il a rien compris au film mais il joue mal

D) Il joue mal

   

          Que raconte donc Burger Kill, alias Drive Thru en VO? Une attaque de hamburgers tueurs? On aurait largement préféré, même si ce genre de concept est éculé depuis longtemps... Ici, rien de tout cela, juste Mackenzie, une petite rockeuse sainte nitouche (Leighton Meester) qui veut attendre ses dix-huit ans pour consommer son petit copain (Nicholas D'Agosto, vu dans Heroes), et qui accessoirement doit échapper à un méchant tueur grimé comme la mascotte-clown d'une grande chaine de fast-foods.

          Bien évidemment, la jeune femme est végétarienne, ce qui nous permet un petit passage formidablement bien introduit de morale sur nos amis les animaux, qui n'aurait pas été malvenu si tous les personnages n'étaient pas aussi stéréotypés.

 

          D'ailleurs, Shane Kuhn et Brendon Cowles ne font pas dans la demi-mesure en matière de caricatures, et épurent dans leur film à la fois tous les clichés des teen-movies contemporains, ainsi que tous ceux des slashers. Ca en fait quelques-uns, croyez-moi...

          Tout y est: beuveries lycéennes, ouijas, bédos (l'action se passe même à Orange County, le berceau du pop-punk dit californien, bande-son attitrée des American Pie et consorts), mais aussi une multitude de références à Scream (la forme du masque de Horny, le parallèle Mackenzie/Sidney, toutes deux se refusant à leurs petits amis), à Halloween, ainsi qu'à d'autres oeuvres fondatrices du genre, comme Massacre A La Tronçonneuse.

          L'ennui, c'est qu'à aucun moment les créateurs ne semblent assumer leur recours facile au recopiage, puisqu'au lieu de rebondir de manière amusante sur leurs emprunts parfois honteux, ils en rajoutent encore une couche dans les blagues lourdingues: un prout par ci, un gros flic incompétent par là. Le but premier de Kuhn et Cowles ne semble pas de faire rire une poignée d'entre nous, mais bien de rester en bas de l'échelle pour s'assurer que la totalité du public comprenne.

 

 

 Manquerait plus qu'il faille sucer pour jouer dans cette bouse...

    

          De plus, le fait d'avoir choisi d'étaler de pareilles boutades pourries au détriment d'une légère recherche d'originalité, résume parfaitement la logique sur laquelle est bâti le film. En effet, le principal argument de vente du film est sa soi-disant subversion (beaucoup l'ont présenté en temps que tel), sur un sujet qui vient de faire grand bruit aux Etats-Unis notamment à travers deux longs-métrages, Supersize Me et Fast Food Nation. Le film veut ainsi donner l'impression d'une charge fun à l'encontre de l'univers Mc Donaldesque, mais il ne réussit jamais à aborder le sujet de front. Le tueur, avec son costume tout juste sorti du Gay Pride Circus, parvient seulement à incarner une mascotte plus sympathique pour nous, fans de l'horreur, que le Ronald original.

          C'est tout, me direz-vous? En ce qui concerne la partie politiquement engagée du film, rien de plus à déguster en effet, mis à part une ou deux répliques anti-républicanes énoncées comme des blagues, et la présence de Morgan "Supersize Me" Spurlock, dans un rôle aussi faussement impertinent que ridicule. L'intrigue elle-même aurait pu cacher une petite allégorie sur côté néfaste du fast-food, elle ne réussit qu'à noyer le poisson dans une histoire de secret de famille digne des meilleures sagas de l'été diffusées sur TF1.

          En clair, mettez vos neurones sur "off", puisque l'ensemble vise plutôt le temps de cerveau disponiple (comme le font les teens movies en général: "des petits films funs ou on se prend pas la tete"). L'avenir du politiquement incorrect, quoi...

 

          En plus de nous avoir arnaqué avec le fond du long-métrage, on réalise bien vite que Kuhn et Cowles n'ont aucune idée de comment instaurer la peur dans leur oeuvre. Les deux scénaristes se démènent comme des fous pour essayer de convaincre le spectateur de la menace, à coups de multiples éléments paranormaux, tous aussi malvenus qu'invraisemblables, et qui ne servent qu'a combler le vide intersidéral des dialogues tout en prétendant distiller des signes quand a l'identité de la prochaine victime. Ce dernier aspect aurait pu être réussi s'il avait été exploité a fond, or aucun doute ne nous est jamais permis sur le sujet, comme si, toujours dans la logique du teen movie décérébré, le duo créateur s'interdisait définitivement de nous faire réfléchir.

 

 

_ Tu m'as vu, là? J'espère bien, vu que tout le film tourne autour de ma face...

 

          En plus d'être un slasher où il n'y a que le joli minois de son actrice principale à sauver, ainsi qu'un long-métrage qui peine à parodier efficacement l'implantation réelle du fast-food dans notre culture (Kevin Smith s'en chargeait mille fois mieux dans Dogma puis Clerks II), Burger Kill est une dénonciation totalement innofensive de la malbouffe et du conservatisme américain, qui ne réussit qu'à provoquer gentiment, pour au final caresser dans le sens du poil l'ensemble de son public.

          Ce qui aurait pu aisément être une pantalonnade, certes réservée aux fanboys mais appréciable au demeurant, se révèle être dominée par un désir purement commercial de ratisser large. Les auteurs auront donc très mal calculé leur coup, puisque ni les initiés, ni les autres n'y trouveront leur compte.

          Et franchement, vu comme ça, c'est bien fait pour leur gueule...

 

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Par Xim-X - Publié dans : Criti-X
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Xim Axinn

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